Protéines acidifiantes : Mythe ou vrai risque ?

Lors des rendez-vous, j’entends souvent : « On m’a dit que la viande est acidifiante », « On m’a conseillé un régime alcalin pour mes douleurs », ou encore : « J’ai peur de manger des protéines, ça fatigue les reins ». Ces phrases traduisent une vraie inquiétude… mais aussi beaucoup de confusion.

Imaginez votre corps comme une grande ville : pour que tout fonctionne, la ville doit garder une température stable, une pression d’eau stable… et un pH sanguin d’une étonnante stabilité, entre 7,35 et 7,45. Si cette valeur bouge trop, la ville entière est en danger. La bonne nouvelle, c’est que l’organisme possède des systèmes de régulation extrêmement puissants (reins, poumons, systèmes tampons) qui font ce travail en permanence. (voir article suivant : https://naturopathe-svb.fr/2025/03/17/equilibre-acido-basique-acidose-alimentation/)

Là où l’alimentation intervient, ce n’est pas en faisant “virer” le pH du sang comme un jus de citron dans un verre d’eau, mais en générant plus ou moins de charge acide que les reins devront éliminer au fil du temps. C’est cela qu’on appelle la charge acide alimentaire ou DAL (Dietary Acid Load), souvent estimée par l’indice PRAL (Potential Renal Acid Load).

Dans cet article, on va clarifier ce concept, voir ce que disent les études sur les protéines animales et végétales, comprendre les risques d’un régime hyperprotéiné mal construit, et surtout : Comment composer une assiette protéinée qui respecte votre équilibre acido‑basique, sans peur.

D’où vient l’idée des “aliments acidifiants” ?

L’idée « d’aliments acidifiants » vient de l’observation que certains nutriments, une fois métabolisés, laissent dans l’organisme des résidus acides (ions hydrogène, sulfates, phosphates), que les reins doivent ensuite éliminer pour maintenir le pH sanguin. Cette notion a été formalisée dans les années 1990 par l’Allemand Thomas Remer, qui a proposé l’indice PRAL pour quantifier la charge acide potentielle d’un aliment.

Concrètement, des aliments riches en protéines (surtout en acides aminés soufrés comme la méthionine et la cystéine) et en phosphore ont tendance à avoir un PRAL positif : Ils produisent plus d’éléments acides que d’éléments basiques. À l’inverse, les aliments riches en minéraux alcalins (potassium, magnésium, calcium) et pauvres en protéines – typiquement les fruits et légumes – ont un PRAL négatif, donc un effet plutôt “alcalinisant”.

Les régimes occidentaux modernes, riches en produits animaux, céréales raffinées, produits ultra‑transformés et pauvres en végétaux, se traduisent globalement par une charge acide élevée. Plusieurs études suggèrent qu’un DAL élevé est associé à un risque accru de syndrome métabolique, de maladies cardiovasculaires et, possiblement, de mortalité globale. Ces travaux ne disent pas que « la viande tue en direct », mais montrent qu’un terrain constamment surchargé en acides peut favoriser l’inflammation de bas grade, la résistance à l’insuline, l’hypertension ou la déminéralisation.

À noter : cette littérature scientifique parle de charge acide, pas de “pH du sang qui devient acide” chez le sujet sain ; une acidose vraie reste rare et pathologique, mais une légère surcharge chronique, qu’on appelle parfois « acidose de bas grade », semble avoir un impact à long terme sur certains systèmes (os, reins, métabolisme).

Pour mieux comprendre : Le chantier et les camions‑bennes

Imaginez un grand chantier avec des briques (les protéines) indispensables pour construire des murs solides. Sans briques, pas de maison ; sans protéines, pas de muscles, pas d’enzymes, pas d’hormones.

Mais à chaque livraison de briques, il y a aussi des gravats, des déchets. Sur le plan acido‑basique, ces gravats représentent les acides à éliminer. Tant que les camions‑bennes (vos reins et vos poumons) font bien leur travail, le chantier reste propre. Si les livraisons de briques deviennent énormes et constantes, mais que les camions‑bennes n’augmentent pas en nombre, les gravats s’accumulent peu à peu.

L’objectif de la naturopathie n’est pas de supprimer les briques, mais :

  • D’adapter le volume de livraisons (quantité de protéines),
  • D’augmenter la présence de matériaux qui “absorbent” ou compensent les gravats (fruits, légumes, minéraux),
  • Et de préserver la capacité des camions‑bennes (soutien des reins, des poumons, de la respiration, de l’hydratation).

Comment le corps régule vraiment son pH : PRAL, reins et poumons

La notion de PRAL, concrètement

Le PRAL (Potential Renal Acid Load) exprime, en milliequivalents (mEq) par 100 g ou par portion, la quantité d’acide que les reins devront éliminer après digestion d’un aliment. Il tient compte principalement :

  • Des protéines (via les acides aminés soufrés, acides phosphoriques),
  • Du phosphore et du sodium (plutôt acidifiants),
  • Du potassium, du magnésium et du calcium (plutôt alcalinisants).

Un PRAL positif signifie que l’aliment est globalement acidifiant, un PRAL négatif qu’il est alcalinisant. Exemple souvent cité : Le citron a un pH acide, mais un PRAL légèrement négatif, car son métabolisme libère des citrates basifiants ; il ne “rend” donc pas votre sang acide, bien au contraire.

Le rôle des reins et des poumons

Le pH du sang est régulé en temps réel par un système à trois niveaux :

  • Les systèmes tampons sanguins (bicarbonates, protéines plasmatiques) neutralisent immédiatement les variations.
  • Les poumons éliminent le dioxyde de carbone (CO₂), qui se comporte comme un acide volatil ; en respirant plus profondément ou plus rapidement, nous pouvons expirer davantage d’acide sous forme de CO₂.
  • Les reins sont les véritables “usines de traitement des déchets”. Ils excrètent les acides non volatils (issus des protéines, par exemple) et régénèrent les bicarbonates, mais ce travail se fait sur des heures à des jours.

Chez un individu en bonne santé, ces mécanismes maintiennent le pH sanguin dans une zone extrêmement stable, même en cas de repas très riche en aliments acidifiants. Là où les études s’inquiètent, c’est quand la charge acide est chroniquement élevée. Les reins et les systèmes tampons doivent compenser en continu, ce qui semble, à long terme, favoriser des pertes minérales (calcium osseux), une usure rénale et un terrain plus inflammatoire.

C’est là que la question des protéines animales vs végétales devient intéressante.

Protéines animales et charge acide : Ce que montrent les études

Les aliments protéinés d’origine animale (viandes, poissons, œufs, fromages) ont en général un PRAL nettement positif, en raison de leur richesse en protéines soufrées, en phosphore et parfois en sodium. Par exemple, les fromages à pâte dure, certaines viandes rouges et la charcuterie font partie des aliments avec les PRAL les plus élevés dans les tables de composition.

Les régimes occidentaux riches en viande rouge, produits laitiers gras et céréales raffinées, avec peu de fruits et légumes, se traduisent donc par une DAL élevée. Une revue récente (2024) sur la charge acide alimentaire souligne qu’un DAL élevé est associé à un risque plus important de syndrome métabolique, d’hypertension, de résistance à l’insuline et, dans certaines cohortes, d’augmentation de la mortalité cardiovasculaire.

Attention : Ces études observent des liens statistiques, pas des causalités simples. Elles montrent surtout que lorsque les protéines animales dominent dans l’assiette au détriment des végétaux, le terrain global devient plus acidifiant, plus inflammatoire, métaboliquement plus « tendu ».

Purines, acide urique et équilibre acido‑basique

Les viandes rouges, les abats et certains poissons gras sont également riches en purines, molécules qui, une fois dégradées, donnent de l’acide urique. Un excès d’acide urique, combiné à une urine trop acide, favorise la formation de calculs urinaires (notamment de type urique) et peut contribuer à la goutte.

Des travaux montrent qu’une urine très acide (faible pH urinaire) est un facteur de risque majeur de calculs d’acide urique, surtout lorsque la charge acide alimentaire est élevée et que l’hydratation est insuffisante. Les régimes hyperprotéinés pauvres en fruits et légumes augmentent souvent cette charge acide et peuvent donc participer à ce terrain, en particulier chez des personnes déjà prédisposées (antécédents de goutte, insuffisance rénale, syndrome métabolique).

Viandes rouges, charcuteries, fromages : les champions de la charge acide

Dans les tableaux PRAL, on retrouve généralement :

  • Les fromages affinés (emmental, parmesan, gruyère) parmi les aliments les plus acidifiants, du fait de leur forte concentration en protéines et en phosphore,
  • Les viandes rouges et les charcuteries (jambon, saucisson, bacon) qui combinent protéines, sel et graisses saturées,
  • Certains poissons riches en protéines et en purines.

Pris dans un contexte de faible consommation de végétaux, ces aliments contribuent à une DAL élevée et à un profil plus inflammatoire et cardiométabolique défavorable.

Cela ne signifie pas forcément qu’il faille bannir toute protéine animale, mais qu’il est essentiel d’en modérer la quantité, de privilégier les morceaux peu transformés et de les entourer généreusement de végétaux alcalinisants.

Protéines végétales : Plus neutres, mais pas magiquement alcalinisantes

On imagine souvent que toute protéine végétale serait naturellement « alcalinisante ». En réalité, beaucoup de sources végétales de protéines ont un PRAL faiblement positif ou proche de zéro, donc une charge acide modérée plutôt que neutre ou négative. C’est surtout la présence associée de minéraux (potassium, magnésium) et de fibres qui rend les régimes riches en végétaux globalement moins acidifiants.

Légumineuses, céréales, oléagineux : Un équilibre intéressant

Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), les céréales complètes (quinoa, avoine, riz complet) et les oléagineux (amandes, noix, graines) apportent des protéines, mais aussi des fibres, du magnésium, du potassium et divers phytonutriments antioxydants. Leurs PRAL sont souvent modérés, bien inférieurs à ceux des fromages et des charcuteries.

Par ailleurs, ces aliments sont associés dans de nombreuses études à un meilleur profil métabolique : Moins de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et un poids plus stable. Il est difficile de savoir quelle part revient exactement à la charge acide, mais on voit clairement qu’un modèle alimentaire riche en protéines végétales et en fibres crée un terrain moins inflammatoire et plus protecteur.

Attention toutefois : Certaines préparations végétariennes ultra‑transformées (simili‑carnés salés, fromages végétaux riches en sel et en additifs) peuvent aussi augmenter la charge acide et le stress métabolique, malgré l’étiquette “vegan”. Cela relève davantage de l’observation clinique que d’études spécifiques approfondies.

L’importance des légumes et fruits comme “tampons”

Sur le plan acido‑basique, les légumes et fruits sont les véritables “héros discrets” de l’assiette. Leur PRAL est majoritairement négatif, grâce à leur richesse en potassium, magnésium, calcium et en citrates. Plusieurs études montrent qu’une augmentation des fruits et légumes diminue la charge acide urinaire, améliore certains paramètres rénaux et tend à réduire le risque de calculs urinaires.

Dans les grandes cohortes, les régimes à forte densité végétale (type méditerranéen ou pesco‑végétarien) affichent une charge acide plus basse, moins de maladies métaboliques et cardiovasculaires, une meilleure santé osseuse et une mortalité globale réduite. Il est difficile de dire si c’est uniquement grâce à l’acido‑basique, mais l’équilibre acide‑base fait clairement partie du tableau.

En pratique, cela signifie que l’on peut très bien consommer des protéines animales ou végétales, à condition de les noyer dans un océan de végétal : au moins la moitié de l’assiette en légumes, idéalement colorés, et des fruits dans la journée.

Bénéfices, limites et précautions des régimes riches en protéines

Les protéines sont indispensables : Elles construisent nos muscles, nos enzymes, nos hormones, nos anticorps. Une alimentation insuffisante en protéines fragilise la masse musculaire, la densité osseuse, l’immunité, la cicatrisation. De nombreuses études montrent qu’un apport protéique suffisant, voire légèrement supérieur aux recommandations minimales, aide à préserver la masse musculaire et la santé métabolique, surtout avec l’âge.

En même temps, plusieurs travaux indiquent qu’un apport très élevé en protéines animales, dans un contexte pauvre en végétaux, est associé à un risque augmenté de syndrome métabolique, d’hypertension, de troubles rénaux, de calculs urinaires et de perte osseuse. On parle ici de régimes hyperprotéinés répétés sur des années, souvent couplés à un excès calorique, une sédentarité et une forte consommation de sel et de produits transformés.

Les précautions principales (notamment en naturopathie) sont :

  • Surveiller la fonction rénale en cas de consommation importante de protéines, surtout chez les personnes ayant déjà une insuffisance rénale ou des antécédents de calculs. Plusieurs guides néphrologiques insistent sur la réduction de la charge acide alimentaire dans ces cas.
  • Veiller à ce que la majorité des protéines provienne de sources variées, avec une bonne part de végétal (légumineuses, oléagineux, céréales complètes),
  • Maintenir une abondance de fruits et légumes pour tamponner la charge acide et fournir des minéraux,
  • Éviter les hyperprotéines de mode qui suppriment presque totalement les glucides complexes et les végétaux, créant un terrain très “sec”, inflammatoire et psychiquement tendu (cette dernière dimension relève beaucoup de l’observation clinique en naturopathie).

Lien avec le psycho émotionnel et l’iridologie : Quand l’« acidité intérieure » déborde

Sur le plan psycho‑émotionnel, beaucoup de personnes décrivent un état de “tension acide” : irritabilité, impatience, douleurs diffuses, sommeil agité. Ce langage n’est pas scientifique, mais il résonne souvent avec un terrain biologique où l’inflammation de bas grade, la charge acide élevée et le stress chronique se nourrissent l’un l’autre (modèle soutenu par de nombreuses études sur l’inflammation et les régimes occidentaux).

En iridologie psycho‑émotionnelle (approche non validée par la science conventionnelle, mais utilisée en naturopathie), certains terrains dits “acides” se repèrent par des signes d’hyper‑réactivité, de tendance à la colère rentrée, au perfectionnisme, à la rumination. Cela reste une hypothèse clinique, mais sur le terrain, on observe souvent que le fait de réduire la charge acide alimentaire (plus de végétaux, moins de produits animaux très concentrés et de sucres rapides) aide à apaiser ces états intérieurs. Les douleurs diminuent, le sommeil se calme, la relation au corps devient plus douce.

On peut faire un parallèle simple : Un organisme surchargé d’acides et de toxines est comme une maison pleine de fumée ; même une petite étincelle émotionnelle (contrariété, stress) déclenche alors un incendie disproportionné. Alléger la charge acide, c’est ouvrir les fenêtres, installer des détecteurs fiables et réduire le volume d’essence dans la cave.

Dans l’accompagnement naturopathique, on relie donc souvent :

  • Alimentation acidifiante et état d’hyper‑vigilance (le corps se sent en alerte permanente),
  • Carences en minéraux (magnésium, potassium, calcium) et fragilité nerveuse (anxiété, spasmes, difficultés de récupération),
  • Fatigue rénale et sensation d’« être à bout », plus vulnérable aux émotions.

Ces liens restent pour partie empiriques, mais ils ouvrent des pistes intéressantes pour un travail conjoint sur l’assiette, la gestion du stress, le sommeil et l’expression des émotions.

Comment construire une assiette protéinée respectueuse de l’équilibre acido basique ?

L’objectif n’est pas de compter chaque mEq de PRAL à la loupe, mais de respecter quelques principes de base issus des données disponibles :

  • Garder un apport protéique suffisant mais raisonnable (adapté au poids, à l’âge, à l’activité physique),
  • Diversifier les sources de protéines (animales et végétales),
  • Entourer systématiquement les protéines d’une abondance de végétaux (légumes, fruits),
  • Limiter les protéines les plus acidifiantes et transformées (charcuterie, fromages très affinés),
  • Maintenir une bonne hydratation et une activité physique régulière, qui soutiennent reins et poumons.

Exemple de journée type en pratique naturopathique

Cet exemple n’est pas un modèle universel, mais une base de réflexion, à adapter avec un professionnel selon votre situation médicale.

  • Petit‑déjeuner
    Bol de porridge d’avoine avec boisson végétale non sucrée, graines de chia et amandes, accompagné de fruits frais (par exemple, kiwi et baie).
    Ici, les protéines sont surtout végétales (avoine, graines, oléagineux), la charge acide est modérée et largement compensée par les minéraux des fruits et des graines.
  • Déjeuner
    Assiette composée :
    • Moitié de l’assiette en légumes (crudités colorées + légumes cuits vapeur ou poêlés),
    • Un quart en légumineuse (lentilles, pois chiches) ou poisson blanc/œufs,
    • Un quart en céréale complète (quinoa, riz complet),
    • Huile de colza et herbes aromatiques.
      On associe ici un peu de protéine animale (ou végétale) à une grande quantité de végétaux et de fibres, ce qui diminue nettement la charge acide globale et soutient le microbiote.
  • Collation (si besoin)
    Un fruit de saison + quelques noix ou amandes.
    On apporte à la fois des minéraux alcalins, des bons lipides et un peu de protéine végétale.
  • Dîner
    Plat plutôt végétarien : curry de légumes et pois chiches au lait de coco léger, servi avec du riz basmati complet, ou grande soupe de légumes avec tofu/tempeh et tartine de pain complet au levain.
    Le soir, on mise davantage sur les protéines végétales, plus légères à métaboliser pour beaucoup de personnes, et sur les légumes cuits qui facilitent la digestion. Attention toutefois aux protéines le soir pour les personnes en surpoids. Quelles soient végétales ou animale, le Dr Résimont insiste sur le fais quelles empèchent la transformation de la T4 en T3.

Dans une telle journée, la présence de protéines est régulière mais raisonnable, et surtout : Les repas sont littéralement “inondés” de végétaux. Le message clé n’est pas “arrêter la viande”, mais ne jamais laisser les protéines animales ou végétales seules sur l’assiette.

Tu peux garder la phrase dans la partie « assiette idéale », mais en l’élargissant en mini‑encadré qui ouvre clairement sur un prochain article : cela restera fluide et très bon pour ton SEO.

Voici une proposition courte à insérer juste après ton exemple de journée type :

Et pour les personnes en surpoids ou avec une thyroïde fragile ?
Dans certains cas particuliers (surpoids, troubles de la thyroïde, sommeil très perturbé), le timing des protéines dans la journée peut aussi compter. Le Dr Stéphane Résimont suggère par exemple d’éviter les gros apports protéiques le soir afin de ne pas freiner la conversion de T4 en T3, l’hormone qui stimule votre métabolisme (approche clinique de terrain, encore peu étudiée dans les grandes études). Cette question de la chrono‑nutrition – quoi manger le matin, à midi, le soir pour protéger sommeil, poids et thyroïde – mérite un article à part entière… ce sera le sujet d’un prochain volet.

Conclusion

Les protéines ne sont pas vos ennemies, mais elles ont besoin d’un écrin végétal

Les recherches récentes sur la charge acide alimentaire montrent clairement que ce n’est pas la protéine en elle‑même qui est problématique, mais le déséquilibre : Trop de produits animaux concentrés, trop peu de végétaux, trop de sel et de produits ultra‑transformés. Les protéines animales ont en général une charge acide plus élevée, surtout les viandes rouges, la charcuterie et les fromages, alors que les protéines végétales s’inscrivent dans un environnement plus riche en minéraux et en fibres, ce qui rend l’ensemble moins acidifiant.

Votre corps, lui, cherche surtout la stabilité : Un pH sanguin finement régulé, des reins et des poumons qui ne travaillent pas en sur‑régime, des réserves minérales intactes, une inflammation de bas grade réduite. Les assiettes qui respectent cet équilibre sont celles où les protéines – animales ou végétales – sont présentes en juste quantité, variées, et toujours accompagnées d’une grande diversité de légumes et de fruits.

Sur le plan psycho‑émotionnel, alléger la charge acide, c’est souvent donner à votre système nerveux l’espace dont il a besoin pour se poser : moins de tensions, moins de douleurs diffuses, plus de clarté mentale. C’est, en quelque sorte, offrir à votre maison intérieure un air plus respirable.

Si vous souffrez déjà de pathologies rénales, de calculs, de goutte ou de maladies métaboliques, il est indispensable de co‑construire ces ajustements avec un professionnel de santé formé à la nutrition. Les outils comme le PRAL sont alors particulièrement utiles pour affiner la stratégie alimentaire et protéger vos reins à long terme.

Et si on allait plus loin, ensemble ?

Les informations que vous lisez ici sont des conseils généraux, fondés sur les données scientifiques actuelles et sur l’expérience clinique, mais elles ne tiennent pas compte de toutes les particularités de votre histoire, de vos traitements, de vos analyses ou de votre terrain. Deux personnes peuvent manger « pareil » et pourtant ne pas réagir du tout de la même façon.

C’est pourquoi il est souvent utile de se faire accompagner par un professionnel qualifié, capable de personnaliser ces repères à votre situation. Dans mon approche, des outils comme l’iridologie permettent de mettre en lumière certaines sensibilités du corps, en lien avec vos prédispositions génétiques et votre façon de gérer le stress, la digestion, l’énergie.

Une anamnèse approfondie (environ 30 minutes à 1 heure) vient compléter ce regard en explorant votre rythme de vie, votre alimentation réelle, votre sommeil, vos émotions, vos antécédents. Et lorsque vous disposez en plus d’une prise de sang la plus complète possible, cela offre un véritable tableau de bord pour ajuster les recommandations au plus près de vos besoins : ni trop, ni trop peu, mais adapté à vous, à votre corps et à votre quotidien.

La vraie question n’est donc pas : « Les protéines sont‑elles acidifiantes ? », mais plutôt : « Comment puis‑je nourrir mes tissus sans épuiser mes reins, mes os et mon moral ? » La réponse tient en trois mots : qualité, équilibre, végétal.

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